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    Le monde romain au Ve siècle (1)
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    Dans ce 1er cours nous évoquerons rapidement l'évolution du monde romain entre le Ier et le Ve siècle, notamment en analysant les principales difficultés auxquelles il se trouve confronté :

    1) un mode de succession à l'Empire jamais vraiment fixé, qui hésite entre l'idéal républicain du "choix du meilleur" pour gouverner l'Empire et la tentation de l'hérédité dynastique. Une telle ambiguïté dans le mode de succession impérial est la porte ouverte à des usurpations evil, dont nous verrons qu'elles sont le lot habituel de l'Empire du IIIe siècle.

    2) une pression très forte, sur le limes, des peuples dits "barbares", à partir du IIIe siècle également, qui oblige l'Empire romain à combattre sur tous les fronts, et qui fait de la valeur au combat un des critères essentiels pour, désormais, gouverner l'Empire. La plupart des empereurs de la fin du IIIe siècle, et beaucoup de ceux IVe et du Ve siècle seront des généraux victorieux, acclamés "Augustes" sur les champs de bataille par leurs soldats. Nous mentionnerons les différentes poussées "barbares" du IIIe siècle black eye et indiquerons en quoi elles modifient la société romaine. 

    Nous verrons également les tentatives de "rénovation" de cet Empire romain. Nous évoquerons notamment celle menée par Dioclétien et ses successeurs, qui "divisent pour mieux régner", c'est à dire qui divisent administrativement les territoires impériaux pour mieux les contrôler. Nous montrerons comment ce qui n'est encore au IVe siècle que les 2 parties d'un même Empire  (les "partes imperii", comme on les désigne alors) s'éloignent de plus en plus, jusqu'à former, au Ve siècle deux Empires distincts, celui d'Orient et celui d'Occident.

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    Le monde romain au Ve siècle (2)
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    "Rome était dans sa 640 année" écrivait déjà Tacite au début du IIe siècle après J.C. , "quand on entendit pour la première fois parler des Cimbres. De cette époque [à nos jours] on compte environ 210 ans. Tant il nous faut de temps pour vaincre la Germanie !"

    Ce second cours commence par une brève synthèse historique des contacts entre Rome et les peuples que Tacite nomme, d'une manière très globalisante, "les Germains". Il évoque le glissement vers le Sud de certains peuples et la relative stabilisation du limes par Rome, après les conflits du IIIe siècle.

    Pour l'Empire du IVe siècle, ces barbares constituent à la fois un danger et une puissante force de renouvellement . Une seconde force de renouvellement, c'est bien sûr l'Eglise, qui s'implante et devient une institution — avant d'être un pouvoir. Progressivement, la religion traditionnelle romaine recule, non sans résistance des populations, mais presque aussitôt se développent des déviances au sein du christianisme (que l'Eglise nomme "hérésies"), dont les conséquences seront importantes sur un monde romain en pleine transformation et sur sa fragilisation face aux peuples barbares. Donatisme, arianisme, pélagianisme … nous en mentionnerons quelques unes, à l'époque où le dogme chrétien n'est pas encore définitivement fixé.

    Enfin, nous verrons se dessiner, à travers les rapports Eglise/Etat, des divergences entre la partie orientale de l'Empire et sa partie occidentale, le patriarche de Constantinople acceptant les interventions impériales dans les affaires d'Eglise, tandis que l'évêque de Rome (et de manière générale les évêques d'Occident) se montrent beaucoup plus indépendants, réaffirmant sans cesse que l'Eglise doit, certes, "rende à César ce qui est à César", mais que "César" doit se garder de s'approprier ce qui appartient à Dieu …

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    L'Empire à la mort de Théodose
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    Ce cours s'intéresse aux différentes politiques que les empereurs romains (en Occident, et, dans une moindre mesure en Orient) ont tenté pour faire face aux migrations germaniques et aux peuples qui se pressent aux frontières, et qui, souvent, les franchissent wink

    Faut-il, comme Constantin, au IVe siècle, les intégrer massivement dans l'armée ? N'est-ce pas dangereux, même si cela offre de bons guerriers à Rome ?

    Faut-il, comme Théodose, à la fin de ce même siècle, tenter "d'intégrer" les Barbares, au risque de se voir reprocher, selon l'expression de l'évêque de Cyrène, Synesius, "d'avoir pris des loups pour des chiens de garde" ; au risque aussi de voir naître, dans certains milieux, un véritable sentiment germanophobe black eye? Faut-il au contraire lutter contre eux à tout prix ? 

    Et, à travers ces différentes politiques, finalement sont-ce les Barbares qui se romanisent, ou bien les Romains qui se barbarisent wink

    Nous verrons surtout l'affaiblissement progressif (pour la partie occidentale de l'Empire) du pouvoir, à travers les minorités impériales qui sont le lot du Ve siècle, mais nous verrons aussi comment des Barbares, tel le général Stilicon (romain par sa mère, vandale par son père), mettront toutes leurs forces au service de l'idée impériale et de l'Empire romain.

    Alors, Rome … Détruite par les Barbares, ou au contraire sauvée — en tout cas prolongée — par eux ? La question reste, aujourd'hui encore, ouverte dans l'historiographie …

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  • 4

    Des tensions avec l'Orient à la prise de Rome (410)
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    Ce cours est consacré aux dangers qui menacent l'Empire romain au début du Ve siècle.

    Déjà, les 2 Empires s'éloignent et utilisent les Barbares pour s'opposer entre eux, dans une sorte de billard à 3 bandes : Les peuples germaniques, en l’occurrence les Goths, tiennent le rôle d’outil dans la rivalité Est/Ouest : outil, peut-être, mais non pas jouet, car ils ont leurs intérêts propres …

    Le roi des Wisigoths Alaric, peut-être détourné sur l'Occident par Eutrope — qui dirige au nom du jeune Théodose II l'Empire d'Orient — s'avance vers l'Italie avec son peuple, et à l'Ouest, le régent Stilicon, essaie par la diplomatie de le faire entrer dans l'alliance occidentale. C'est qu'un autre danger s'avance vers l'Italie : Radagaise, un Ostrogoth, à la tête d'une immense armée multi-ethnique. 

    Aussitôt après, les légions romaines de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) se mutinent et élisent des usurpateurs : l'un d'eux, Constantin III, débarque alors en Gaule, tout à la fois pour la protéger, et pour prétendre à l'Empire. Quasiment au même moment, le 31 décembre 406, une coalition de peuples (surtout des Vandales, des Suèves et des Alains) traversent au niveau de Mayence le Rhin gelé, et se ruent sur la Gaule qu'ils pillent durant 3 ans avant de passer en Espagne …

    Le jeune empereur d'Occident Honorius, a donc perdu en 409 le contrôle de l’ensemble de la Préfecture des Gaules (Bretagne, Gaules et Espagnes). Le mécontentement des Romains rejaillit sur Stilicon, ce "demi-barbare" que Théodose Ier avait fait le régent de son fils Honorius. Dans un climat de xénophobie anti-germanique qui augmente, Stilicon est assassiné en 408. 

    Comme l’écrit L. Jerphagnon : « ce petit monde de courtisans, de ronds de cuir, d’eunuques aura finalement eu raison, à force d’intrigues, du courage intelligent d’un homme qui les valait cent fois ». Avec Stilicon disparaissait le seul obstacle qui pouvait encore arrêter les Barbares en Occident. Stilicon disparu, Rome était virtuellement prise.

    La prise et le sac de Rome en 410 par les Wisigoths d'Alaric constituent un choc énorme dans la conscience occidentale : depuis la Palestine romaine Jérôme s'écrit "elle est prise la ville qui a pris l'univers !" Il semble aux Romains que c'est la fin d'un monde. 

    En outre, la prise de Rome a pour conséquence de relancer les conflits entre chrétiens et adeptes de l'ancienne religion romaine. Pour ces derniers, si "la Ville éternelle" est tombée, c'est parce que Rome a abandonné les dieux qui ont fait son histoire, sa grandeur et sa gloire. Rome a abandonné ses dieux ? Les dieux abandonnent Rome …

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    Entre défaites et reconquêtes : la fin du règne d'Honorius
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    Dans les premières décénies du Ve siècle, même si le pouvoir  a continué d’être incarné par les descendants de Théodose, la continuité avec l’époque précédente est uniquement théorique.

    En effet, les empereurs de ce nouveau Ve siècle, aussi bien en Occident qu’en Orient — et, dans ce dernier cas, la minorité de Théodose II a joué pour beaucoup — ne gouvernent pas véritablement. Ce sont les Maîtres des deux Milices qui exercent la réalité du pouvoir politique, car celui-ci apparaît entièrement conditionné aux problèmes militaires. Stilicon d’abord, Constance ensuite, puis, nous le verrons plus tard, Aetius, sous Valentinien III sont les véritables acteurs de l’histoire occidentale.

    Légitimés par leurs femmes, qui appartiennent souvent à la famille impériale, ils tentent de composer le mieux possible avec les nouvelles circonstances, et de conserver l’Empire. Ils s’allient ou s’opposent, selon les circonstances, aux Barbares dont l’ambivalence est également manifeste : à la fois destructeurs et admirateurs du monde romain, parfois ils le perdent, parfois ils le sauvent. Ces tendances vont s’accentuer encore dans la seconde moitié du siècle où l’on va voir se dessiner, l’image, pâle d’abord, puis de plus en plus précise, des royaumes germaniques du haut Moyen Age. 

    Dans ce cours nous nous intéresserons plus spécifiquement à un effort de restauration du pouvoir impérial en Occident, sur fond de Barbares de plus en plus présents dans le limes romain. A compter de la prise de Rome par Alaric (410), il ne s'agit plus, pour Rome, de vaincre militairement les Barbares et de les expulser, mais au contraire de tenter d'installer légalement certains peuples dans l'Empire. On espère faire de ces nouveaux alliés des instruments politiques au service de Rome. Une politique, nous le verrons, risquée.

    Parallèlement, nous assistons à un effort impérial de réorganisation en Occident, notamment en Gaule où les révoltes contre Rome se multiplient. Enfin, nous ferons un gros plan sur la situation de la Bretagne, qui, en pleine désorganisation sociale et minée par les raids incessant des Pictes, des Scotts des Saxons, lance 3 appels à l'aide à Rome, dont le dernier restera définitivement sans réponse …

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    L'Empire d'Occident sous Valentinien III : le début de la fin …
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    A partir de la mort d'Honorius, l'Occident romain va entrer dans une période très difficile, tandis que l'Orient, au contraire, se renforce, notamment du fait du long règne de Théodose II. En Occident, après le règne des princes enfants, nous entrons dans l'époque des rivalités entre généraux pour le pouvoir. 

    Le cours commence sur fond de tension entre l'Orient et l'Occident romains : une tentative de l'Empire d'Orient de reconstituer l'unité de l'Empire, aux dépens du tout jeune empereur occidental Valentinien III, destabilise gravement la cour de Ravenne. La régente, Galla Placidia, réussit à sortir de la crise, non sans mal, d'autant que 3 hauts personnages se disputent le pouvoir à ses côtés, le Patrice Felix, le maître de la milice Aetius et le comte d'Afrique Boniface.

    Dans le cadre de cette lutte d'influence, Boniface va peut-être (c'est l'une des hypothèses retenue par les historiens) appeler à son aide ... les Vandales evil. Ceux ci, une fois débarqués en Afrique, n'en repartiront plus : l'Occident perd définitivement les riches provinces d'Afrique, et le roi Vandale Genséric, un arien fanatique, persécute les populations romaines catholiques, et crée le 1er royaume barbare d'Occident. L'évêque d'Hippone, saint Augustin, meurt en défendant sa cité contre les Vandales, en 430 :(.

    Dans un second temps, nous verrons comment Aetius, le plus grand général après Stilicon, domine la scène politique occidentale à compter de 433. Alors que Stilicon avait été un barbare romanisé, Flavius Aetius, lui est un romain "barbarisé". Otage des Wisigoths d'Alaric dans son enfance, puis, durant de longues années, otage des Huns, il a appris à les connaître et à les apprécier. Grâce à lui, les Huns deviennent, dans les années 430, les plus fidèles soutiens du gouvernement de Ravenne. On verra dans le prochain cours que leur volte-face sera terrible ...

    Enfin, après l'Afrique, la Gaule commence à échapper à Rome. Invasions franques et burgondes, retour de la bagaude, cette révolte fiscale et sociale qui se teinte parfois d'une coloration anti-romaine, tout ceci contribue à assombrir le règne de Valentinien III et à précipiter la décomposition du pouvoir impérial ...

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    L'Empire d'Occident sous Valentinien III : le début de la fin (II)
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    Ici, nous verrons notre ami Attila evil se retourner subitement contre l'Occident, (pour des raisons que les historiens interprètent différemment), Occident que les Huns avaient jusque là fidèlement aidé, grâce à la "connexion" particulière que le maître des milices Flavius Aetius avait avec eux. Nous verrons aussi que l'armée romaine qu'Aetius est parvenu à réunir lors de la bataille des Champs Catalauniques qui l'oppose à Attila, est composée essentiellement de "barbares" : Francs, Burgondes, Armoricains, par exemple, mais surtout Wisigoths. D'ailleurs, à l'issue de cette bataille, les Wisigoths apparaissent clairement comme la première puissance militaire d'Occident … En 453, Théodoric Ier devient roi des Wisigoths, ce qui est plutôt encourageant pour Rome, car ce roi barbare est si romanisé qu'il lit Virgile, Cicéron dans le texte et qu'il connaît le droit romain par coeur. Au total, en 453, l'Empire d'Occident a réussi à triompher par deux fois des Huns (en Gaule 451, en Italie 452), tout est au beau fixe avec les Wisigoths fédérés, et la situation semble se stabiliser. 

    Mais, comme le disait les Romains de l'époque républicaine, "la roche tarpéienne est près du capitole" … En effet, deux assassinats quasiment coup sur coup vont précipiter l'Empire d'Occident vers sa fin. Celui d'Aetius, en 454, celui, ensuite du dernier représentant légitime de la dynastie valentino-théodosienne, l'empereur Valentinien III (455). Les empereurs qui succèderont à Valentinien III manqueront tous de l'auctoritas (cette sorte d'institution invisible) qui provient d'une légitimité incontestable. A partir de ce moment, l'Empire d'Occident s'affaiblira encore.

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